Le WWF Suisse vient de publier quatre cartes interactives qui montrent où des pesticides ont été détectés dans les rivières et les nappes phréatiques du pays entre 2019 et 2024. L'eau suisse a une excellente réputation, et elle la mérite en grande partie. Mais ces données rappellent une réalité simple : ce qui est épandu sur les champs finit souvent dans l'eau, et certaines substances y restent des années après leur interdiction.
Quatre cartes pour rendre visible un problème invisible
La plateforme du WWF compte quatre cartes : deux pour les cours d'eau, deux pour les eaux souterraines. Pour chaque type d'eau, une carte donne une vue d'ensemble et une autre permet de suivre une substance précise année après année.
Le WWF n'a pas réalisé ses propres mesures. Il a repris les données brutes des deux programmes nationaux de surveillance gérés par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) avec les cantons :
- NAWA pour les cours d'eau, où les pesticides sont suivis de façon systématique depuis 2018
- NAQUA pour les nappes phréatiques, où 217 substances ont été analysées entre 2019 et 2024
En cliquant sur une station, on voit les substances mesurées, leur concentration et une évaluation en trois couleurs du danger de chaque substance pour l'environnement, la faune et la santé humaine.
À explorer vous-même
Les cartes du WWF : cherchez votre région
Tapez le nom de votre commune, cliquez sur une station de mesure et voyez quelles substances y ont été détectées. Une frise permet de passer d'une année à l'autre, de 2019 à 2024.
Ou accédez directement à chaque carte :
Ce que disent les chiffres
Dans les rivières. Le suivi national porte sur 36 sites analysés chaque année depuis 2019. Entre 2019 et 2022, le nombre de dépassements des seuils de toxicité est passé d'un peu plus de 400 à un peu plus de 250. La tendance va dans le bon sens, mais le niveau reste élevé. En janvier 2026, une étude de l'Eawag sur cinq cours d'eau a détecté 135 pesticides différents, avec en moyenne 32 substances par échantillon.
Le cas de la Wyna. En automne 2025, le canton de Lucerne a mesuré dans cette rivière une concentration de deltaméthrine environ 4 200 fois supérieure au seuil de risque pour les organismes aquatiques. Cet insecticide est très toxique pour les poissons et les insectes aquatiques.
Dans les nappes. Plus de la moitié des stations de mesure de l'OFEV détectent des résidus de pesticides dans les eaux souterraines. Or ces nappes fournissent environ 80 % de l'eau potable du pays.
Côté loi. L'ordonnance sur la protection des eaux fixe aujourd'hui des seuils de toxicité contraignants pour 19 pesticides seulement. Une révision est en cours.
Chlorothalonil : interdit depuis 2020, toujours présent
Le chlorothalonil montre bien qu'interdit ne veut pas dire disparu. Ce fongicide a été utilisé dans l'agriculture suisse dès les années 1970 et il est interdit depuis le 1er janvier 2020. En mars 2026, le Tribunal administratif fédéral a confirmé cette interdiction.
Le problème vient de ses produits de dégradation, appelés métabolites. Très solubles dans l'eau et lents à se dégrader, ils passent du sol aux nappes phréatiques et y restent longtemps. Selon l'OFEV, sept métabolites du chlorothalonil dépassent 0,1 microgramme par litre dans les eaux souterraines, dans plus de la moitié des cantons.
Et l'eau du robinet ?
Les cartes du WWF montrent l'état des rivières et des nappes. Elles ne mesurent pas l'eau qui sort de votre robinet, et le WWF le précise lui-même.
Entre la nappe et votre verre, l'eau est contrôlée et traitée si nécessaire. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) juge la qualité de l'eau potable suisse globalement bonne. En parallèle, le WWF estime qu'environ un million de personnes sur le Plateau boivent une eau contenant des résidus de pesticides.
Connaître votre eau
Pour savoir ce que contient l'eau chez vous, consultez trinkwasser.ch ou demandez les analyses à votre distributeur d'eau. C'est la première étape avant de choisir une solution de filtration.
Ce que notre filtre retient, et ce que nous ne pouvons pas affirmer
Nous préférons être clairs. Un filtre à eau n'est pas une solution universelle, et nous ne voulons pas vous laisser croire le contraire.
Le filtre Coldstream FTO+ utilisé dans les systèmes Pure Filters à gravité a été testé par le laboratoire indépendant Envirotek selon la norme NSF/ANSI 53, sur plus de 70 pesticides et herbicides. Voici les résultats, y compris les substances que nos tests ne couvrent pas ou que le filtre retient mal :
| Famille | Substances | Réduction mesurée |
|---|---|---|
| Triazines | Atrazine, simazine | > 99,8 % |
| Chloroacétanilides | Alachlore, métolachlore | > 99,8 % |
| Herbicides acides | 2,4-D, dicamba | > 99,4 % |
| Organochlorés | Dieldrine, DDT, chlordane | > 99,8 % |
| PCB | Biphényles polychlorés | > 99,8 % |
| Fongicide (interdit en 2020) | Métabolites du chlorothalonil | Non testé |
| Pyréthrinoïdes | Deltaméthrine | Non testé |
| Nitrates (hors pesticides) | Nitrates | 29,6 % |
Source : Envirotek Laboratory LLC, rapport #19-69 (2019), tests NSF/ANSI 53 menés sur 3 000 litres, soit le double de la capacité nominale de la cartouche.
Ce que nos tests ne couvrent pas
Métabolites du chlorothalonil et deltaméthrine : ces substances, au cœur des cartes du WWF, ne figurent pas dans nos rapports de laboratoire. Nous ne pouvons donc pas vous dire quel pourcentage le filtre en retient. Le charbon actif retient bien de nombreux composés organiques, mais sans test spécifique, nous préférons ne rien promettre.
Nitrates : réduction mesurée de 29,6 % seulement. Les nitrates sont des ions que le charbon actif ne retient pas. Si votre eau en contient beaucoup, un filtre Pure Filters n'est pas la bonne réponse.
Les performances réelles peuvent aussi varier selon la qualité de votre eau, sa température et l'âge de la cartouche. La règle reste la même : remplacez le Coldstream FTO+ à 1 500 litres ou environ 6 mois, selon la première échéance atteinte.
Résultats complets
Tous les rapports de laboratoire du Coldstream FTO+ en PDF, y compris ce que le filtre ne réduit pas.
Ce que vous pouvez faire à votre échelle
- Regardez votre région sur les cartes du WWF. Vous voyez en quelques clics si les stations proches de chez vous détectent des pesticides.
- Demandez les analyses de votre eau potable. Votre distributeur ou votre commune les publie souvent en ligne.
- Choisissez un filtre en fonction de vos besoins réels. Comparez ce qui est présent dans votre eau avec ce que le filtre a réellement été testé pour retenir.
Questions fréquentes
Faire bouillir l'eau élimine-t-il les pesticides ?
Non. L'ébullition tue les bactéries mais ne détruit pas les pesticides. En évaporant une partie de l'eau, elle peut même les concentrer légèrement.
L'eau en bouteille est-elle une meilleure option ?
Pas forcément. Des chercheurs de l'Eawag ont déjà détecté des traces de chlorothalonil dans une eau minérale du commerce.
Pourquoi trouve-t-on encore des pesticides interdits ?
Certaines substances se dégradent très lentement et mettent des années à traverser le sol. Les nappes se renouvellent lentement elles aussi. Une interdiction met donc longtemps à se voir dans les mesures.
Votre filtre retient-il les métabolites du chlorothalonil ?
Nous n'avons pas de test de laboratoire sur ces substances. Nous ne pouvons donc pas l'affirmer. Nos résultats chiffrés portent sur les familles de pesticides listées plus haut.
Ce qu'il faut retenir
- Le WWF publie quatre cartes basées sur les données officielles NAWA et NAQUA, de 2019 à 2024.
- Les cours d'eau agricoles du Plateau restent fortement exposés, même si les dépassements ont baissé depuis 2019.
- Les métabolites du chlorothalonil sont toujours présents dans les nappes, malgré l'interdiction de 2020.
- Les cartes décrivent les ressources en eau, pas l'eau du robinet, qui reste contrôlée.
- Le Coldstream FTO+ réduit de plus de 99 % les familles de pesticides testées, mais nos tests ne couvrent ni le chlorothalonil ni la deltaméthrine, et il retient mal les nitrates.
Notre engagement : vous montrer ce que nos filtres font, et aussi ce qu'ils ne font pas. Pour que votre choix repose sur des faits.
Voir le filtre Coldstream FTO+ →
Sources : WWF Suisse, cartes Pesticides dans les eaux suisses · OFEV, Chlorothalonil dans les eaux souterraines · Eawag, pesticides dans les cours d'eau suisses · VSA pour l'OFEV, Wirkung des Aktionsplans Pflanzenschutzmittel (2024) · SRF, deltaméthrine dans la Wyna · Envirotek Laboratory LLC, rapport #19-69 sur le Coldstream FTO+ (CF163W)

